Chapitre IV. DÉLICIEUX PETIT PORTRAIT

Ce sont donc des élèves affamés par leur récent accomplissement énergivore qui se ruèrent au buffet du déjeuner BIO : salade composée, polpettes de bœuf, sauce tomate mozzarella, penne, gâteau au chocolat.

–          Tu as entendu, le repas est bio apparemment ? dit une lycéenne à un ami à elle.

–          Mais c’est mort, ça va être dégueu’ genre un truc au soja, ou je sais pas quoi, lui répondit l’ami en question.

La plupart des élèves s’installèrent manger dehors au soleil et dégustèrent ces pates et ces boulettes de viandes qui leur rappelèrent des saveurs connues et appréciées par leur papilles. On pouvait alors distinguer la voix d’un élève agréablement surpris : «  C’est bio, et en plus c’est bon. C’est une bonne idée ».

A la table déjeuner des animateurs, l’oui discernait un nuage de mots lumineux : motivation, ambition, dialogue, co-production, énergie…Le plus grand nombre des animateurs ont adoré fructifier avec les jeunes participants.

Lycéens et collégiens continuèrent à profiter de la pause midi pour déambuler d’une animation à une autre, gérer par la main de Maestro de Delphine Pratt ; qui de temps à autre la tend pour serrer celle d’un élève, lui communiquant son envie de partage qui se transforme ainsi astucieusement et élégamment en énergie. Certains ont préféré jouer au babyfoot et d’autre songer devant l’arbre à souhait pour y faire pendiller une feuille verdoyante de plus en répondant à la question : Quel serait ton souhait pour 2050 ?

–          Tu es sérieuse, tu as écrit une humanité solidaire et unie ? demanda un élève qui en moquait gentiment une autre. Tu n’as pas plus bateau ?

–          Bah quoi, tu souhaites quoi de mieux ? Lui répondit-elle

Sa réponse fut de suite écrite sur une feuille qu’il accrocha à l’arbre.

–          Ne pas être célibataire en 2050 ?! Lit la jeune fille hilare. Haha j’espère pour toi.

Delphine Pratt annonça vers 13h45 la photo de groupe. Elèves et accompagnateurs se rendirent dans la cours centrale de l’IGA et offrirent au photographe l’image de jeunes et moins jeunes unis, aux coudes à coudes, en harmonie.

-Souriez, leur demanda-t-il

*Clic*

-C’est dans la boite.

Il était nécessaire d’ouvrir l’œil, mais également tendre l’oreille pour s’y retrouver au milieu de toutes ces scénettes débordantes de vitalité et de force d’âme. C’est un délicieux petit tableau, ne trouves-tu pas, lecteur ?

 

Pour la suite de la journée, les élèves se sont répartis en trois ateliers. Certains se sont activés à l’approfondissement et à la finalisation des solutions choisies afin de les mettre en valeur lors de la restitution en plénière de clôture. D’autres ont mis en scène ces solutions lors de l’Atelier Graphisme en créant des affiches avec le collectif Lieu-Dit et Pourquoi Pas. Ils se sont mis en scène eux même dans un décor plus vrai que nature, fabriqué par leur soin, avec pour seul matériel du carton. Un troisième groupe s’est chargé de la communication et de la médiatisation de la rencontre, en écrivant des articles sur les ateliers du matin sur un blog, en postant sur les réseaux sociaux tels que Facebook ou Twitter. Johanna et Benjamin interviewaient pendant ce temps-là le politologue et sociologue du climat Stéphane Labranche. On pouvait l’entendre s’exprimait avec véhémence sur un Etat qui doit agir directement pour faire changer les choses : « Le changement climatique est une réalité effrayante qui touche notre génération mais surtout les générations futures. D’ici 2050, il est tout à fait possible que la population change ses modes de consommation d’énergie, mais pour cela l’Etat doit intervenir de manière active. Un système énergétique qui marche doit être mis en place afin que les individus aient envie et ont les moyens financièrement de changer. Ce sont des petits gestes de tous les jours qui aident à réduire le changement climatique. » Les professeurs ont aussi pu profiter d’une expertise, celle du climatologue Christophe Chaix, géographe-climatologue, en charge de l’Observatoire Savoyard du Changement Climatique. Ils dialoguèrent alors sur les problèmes techniques ou scientifiques qui se sont posés à travers les projets menés, soit pendant la phase de diagnostic, soit pendant la phase d’élaboration des solutions.

Les ateliers de l’après-midi furent l’occasion pour les professeurs d’obtenir des clarifications sur des notions telles que l’adaptation, l’atténuation, la qualité de l’air ou l’effet de serre. Ce fut  pour les élèves l’opportunité de pousser leur réflexion, faire appel à leur créativité, laisser parler le talent de leur plume, et surtout se rencontrer et créer des liens entre différents bureaux d’études.

Durant la pause de 16h, trois lycéens appartenant à un même établissement discutaient entre eux.

–          Vous avez rencontrez d’autres élèves vous ? demanda une lycéenne.

–          Oui ! En graphisme on a bien rigolé et travaillé. Franchement j’ai fait des belles rencontres. Et toi alors ?  Répondit un jeune homme l’accompagnant.

–          Des rencontres je ne sais pas…Ce n’était pas trop possible, il y avait trop de compétitivité entre délégués, vous n’avez pas trouvé ? Questionna la tiers-personne.

–           Non je ne trouve pas, car on a du discuter, dialoguer et collaborer ensemble au final. Ce que je regrette c’est que les élèves étaient trop timides, conclut la lycéenne.

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